06/02/2005

Un mensonge vaut mieux qu'un démenti

L'effet obtenu sur l'opinion publique d'un mensonge (aussi énorme soit-il) est toujours plus important (et donc plus bénéfique) que son, fort éventuel, démenti ... L'administration Bush a usé et abusé de cette technique de communication (de propagande?) sur la populace américaine afin de leur faire gober la présence d'ADM en Irak et le lien direct en Saddam et le 11/9 ... cette propagande fonctionne si bien sur des esprits correctement "préparés" (cf.LeLay) que près de 60% des électeurs de Bush y croient encore, même après le rapport officiel des inspecteurs US rentrant brecouille !

Etant donné que tout ceci fonctionne à merveille pourquoi ne pas l'utiliser sur nos chers concitoyents ? Notre Empereur Sarkoleon c'est donc en tout logique fendu de cette déclaration dans l'émission "100 minutes pour convaincre", le 20 novembre 2004, sur France 2: " Depuis 19 mois, il n'y a pas eu une seule bavure" (Imaginez Sarko dans avec sa tête de Mr Vérité, les yeux dans les yeux, etc etc ... ben oui 'faut quand même y mettre les formes pour que les mensonges prennent)

Bon ben d'après Le Monde (même si le constat semble être une stabilisation), on est quand même ultre loin des déclarations de Mister Zero-Bavures :

"Les statistiques des violences illégitimes avérées - les « bavures », comme on les nomme habituellement, ayant été sanctionnées en conseil de discipline - indiquent une certaine stabilité depuis 1999, année où 70 cas furent enregistrés. Il est difficile de dégager une tendance nette. En 2004, 59 affaires ont été comptabilisées - dont une partie commises en dehors du service -, soit 6 de moins que l'année précédente (donc, avec un rapide calcul on en est à 65 en 2003 - bizarre que ce chiffre ne soit pas cité à la différence des autres années non ?) . On en comptait 58 en 2002, 56 en 2001 et 2000. Sur les onze premiers mois de l'année 2004 comparés à la même période en 2003, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) - la « police des polices » - a enregistré une baisse des saisines pour des faits de violences policières allégués (469 contre 500). Elles étaient pourtant en hausse depuis six ans, l'année 2003 ayant été marquée par une augmentation de 9,1 %. « Il y a souvent des tensions extrêmement fortes au moment des interpellations, explique Eric Le Douaron, directeur de la police urbaine de proximité à Paris. L'augmentation de l'activité policière ces dernières années fait que les risques de frottements sont plus importants. »" - article du 02.02.05

Le Monde est même devenu un peu plus concilant si on compare avec cet article de 2003 (Morceaux de choix) :

Qu’on les appelle "bavures policières" ou, plus officiellement, "violences illégitimes" exercées par les forces de l’ordre, leur nombre est en hausse constante depuis cinq ans. En témoignent les chiffres des dossiers traites par l’inspection générale de la police nationale (IGPN) et, plus révélateurs encore, ceux de l’inspection générale des services (IGS) qui font état de 432 plaintes traitées en 2002 contre 216 en 1997, soit une augmentation de 100 % ! Les associations expliquent ce phénomène par l’omniprésence du discours sécuritaires. Les policiers mettent en avant le durcissement de la délinquance, facteur de risque de dérapages. Les infractions pour outrage ou rebellions sont de plus en plus utilisées, selon les associations, pour couper court a toute poursuite pour violences illégitimes.

(...)
Le langage commun a retenu l’expression "bavures policieres". L’administration préfère parler de "violences illégitimes". Quelle que soit l’appellation, le phénomène est certifie par les associations et confirme par les chiffres : les dérapages policiers sont en hausse constante.

(...)
Au MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) Paris, qui enregistre une recrudescence des cas de bavures depuis quelques mois, on souligne les dégâts du "discours sécuritaire omniprésent". "Les policiers ont été très valorises ces derniers temps, ils sont présentés comme des héros dans d’innombrables reportages et se sentent les mains libres", affirme sa présidente, Emmanuelle Le Chevallier. Néanmoins, le nombre de sanctions disciplinaires contre des policiers est stable depuis trois ans, autour de 2 100 cas. Parmi elles, en 2002, 32 sanctions ont été prononcées contre des policiers coupables de violences en service, dont une révocation et six exclusions temporaires d’un mois a deux ans, assorties d’une rétrogradation. Vingt-trois policiers avaient été sanctionnes en 2001 et 27 l’année précédente.


Tout ça est un peu long (quoique toujours intéressant) pour dénoncer ce mensonge que France2, si cette chaîne avait encore un tant soit peu de liberté d'expression, aurait dû dénoncer ... bien entendu il n'en fut rien. A ma connaissance seul Le Monde, Le Canard et I>Télé (!!) ont dénoncé ce pur exercice de comm' ... Vu que les français ne lisent plus la presse écrite (ou au pire les gratuits ... un autre outils de propagande et de mise en condition on ne peut plus vicieux) cette déclaration est tout bénef' pour la poire de Sarko... Attendons-nous donc à d'autres exercices de ce style ...

Comment voulez ensuite que les français aient confiance dans leurs politiques et ne se réfugient pas dans un vote extrémiste ... Le plus drôle c'est que ces même politiques sont les premier à s'en indigner ... mais également les premier responsables !

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